• Benjamin Le Maitre

Le fonds euros appartient-il au passé ?

Mis à jour : mai 3

Jean-Laurent Granier, PDG de Generali, a annoncé « le monde du fonds euros roi est terminé ». Le placement préféré des français appartient-il au passé ? Éléments de réponse ci-dessous.


Reprise d'un article Twitter rédigé le 12 octobre 2019.




Les fonds euros sont un support d’épargne à succès. Proposés par les assureurs, leurs encours atteignent plus de 1350 milliards d’euros en 2019. Ils représentent environ 80% des versements sur assurance-vie. De quoi sont-ils composés ? Essentiellement d’obligations d’entreprises ou d’obligations d’États européens comme la dette française.



Vous avez la possibilité d’étudier dans le détail le portefeuille de votre assureur. Par exemple, certains seront peut-être surpris d’apprendre que leur épargne est investie dans le groupe Bayer-Monsanto.



Pourquoi le fonds euros est-il au cœur des débats ? Les taux obligataires qui sont leur principale source de rendements ont fortement baissé. Dans ces conditions, il devient difficile de garantir le capital, la liquidité et un retour sur investissement intéressant.



Trois raisons permettent aux fonds euros de toujours rester à flot :


1° - Les assureurs détiennent encore en portefeuille des obligations achetées à une période où les taux étaient élevés (OAT = Obligations Assimilables du Trésor, il s’agit de la dette de la France, ici entre 3.5 et 6% de rendement).


2° - L’allocation en actions et immobilier a été augmentée.



3° - Les assureurs doivent reverser 85 % des gains réalisés grâce au placement de l’épargne des souscripteurs (PPB) mais cette redistribution peut être différée dans le temps. Le rendement total en réserve en 2017 était de 9.28%.




Théoriquement, les fonds euros ont donc la capacité de supporter quelques années de taux négatifs de plus. Toutefois, un problème majeur apparaît : par quoi remplacer les obligations à forts rendements (point 1) qui arrivent à expiration ? Les taux sont bas et les assureurs ne souhaitent pas augmenter davantage la part d’actifs risqués car ils sont garants de votre capital. Devant cette difficulté, des mécanismes sont mis en place afin de limiter la collecte. Generali compte contraindre tout épargnant à investir 60% d’un versement sur les unités de compte. Allianz, l’Afer et Aviva suivent un chemin similaire.


Faut-il se précipiter sur les dernières places disponibles ? Le rendement réel (minoré des prélèvements sociaux et de l’inflation) est négatif, votre pouvoir d'achat s’érode dans ces conditions, peu pertinent d'y mettre toutes ses liquidités.



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