• Benjamin Le Maitre

Comment valoriser une société holding ?

Environ un tiers des petites et moyennes entreprises (PME) sont détenues par une société holding. Ce pourcentage est proportionnel à la taille de l’entreprise sous-jacente, les entreprises importantes ont la majorité du temps au minimum une holding actionnaire. Ces entreprises ont pour vocation de détenir des parts ou actions d’autres sociétés, que ce soit des sociétés de capitaux ou des sociétés civiles.



Les sociétés holding sont étudiées au regard de leur Actif Net Réévalué (ANR). Différentes méthodes de calcul peuvent intervenir dans l’estimation de ce dernier. En fonction de la typologie des actifs sous-jacents, l’analyste optera ainsi pour une méthode de calcul de type DCF (Discounted Cash-Flow), multiples de valorisation, capitalisation boursière, évaluation de biens immobiliers etc. Nous arriverons de cette manière à ce qui est définissable comme la valeur fondamentale de la holding, c’est-à-dire la valeur simplement calculée des actifs que détient la société. Toutefois, ce calcul est incomplet afin de déterminer la valeur réelle que considéreront les investisseurs.


Quels sont les autres éléments à prendre en compte ?


  • La liquidité des titres est usuellement amoindrie comparée à la détention directe des actifs sous-jacents. Par exemple, le titre Compagnie de l’Odet est significativement moins liquide que le titre Bolloré que détient la Compagnie dans de grandes proportions.

  • Il convient de prendre en compte la fiscalité des plus-values des actifs sous-jacents.

  • Il existe parfois des absences de synergies entre les différents actifs, cela vient alors brouiller la lecture de la thèse d’investissement et complexifie l’analyse du dossier.

  • Nécessairement, la potentielle diversité des actifs détenus par la holding peut éloigner l'investisseur des actifs pépites et altérer l'attractivité du titre. Un tel environnement vient toutefois apporter une diversification des activités qui n’est pas inintéressante lors d’une recherche d’un risque moindre.

  • La société holding a des coûts propres afin de gérer son portefeuille (analystes, comptabilité, gérants etc.) qu’il est nécessaire de soustraire à la valeur fondamentale de cette dernière.

  • Le fait que la holding soit en position de minoritaires dans les dossiers vient diminuer mécaniquement la valeur des actifs.

  • Enfin, l’équipe de direction est un élément décisif dans la valorisation d’une telle société. Un management ayant un historique réussi d’investissements et de gestion aura la faveur des investisseurs. Au contraire, des dirigeants peu transparents et qui n’ont pas la confiance des actionnaires verront la décote accentuée de par ce fait.


Quels sont les différents types de holdings ?


  • Les holdings de contrôle qui permettent de lever des capitaux auprès d’investisseurs qui restent minoritaires et de maintenir le contrôle des sociétés sous-jacentes. C’est le cas des cascades de holdings de la Galaxie Bolloré.

  • Les holdings familiales, regroupant les différents actifs d’une ou plusieurs familles dans la même société (Dumont Investissement détenant Samse, etc.).

  • Les sociétés d’investissement, dont l’objectif est de gérer un portefeuille d’actifs à moyen terme (entre 4 et 8 ans) avec un objectif de plus-value lors de la revente (Eurazeo, etc.).


Les décotes de holding constatées sur les marchés financiers se situent en moyenne à 30% de la valeur fondamentale. Naturellement, il s’agit d’un niveau de référence qu’il conviendra d’ajuster au regard des différents éléments cités ci-dessus. Les décotes varient en fonction des actifs sous-jacents, de la volatilité du marché, des liquidités attenantes, de l’actualité de la galaxie en question etc. Certaines sociétés déclarent leur ANR et la méthodologie de calcul associée - qu’il est nécessaire de vérifier. Des décotes allant jusqu’à 50% ont déjà été observées dans de rares cas.


Une question ? Échangez avec un gérant privé au 01 71 24 82 51 ou par e-mail via investisseurs@avantgarde-investment.com.