• Benjamin Le Maitre

Assurance-vie : pourquoi les fortunés privilégient le Luxembourg à la France ?

Mis à jour : mai 3

Dans la course aux placements et innovations financières, il est toujours intéressant de constater qu’une enclave de moins de 3000 km2 est capable de supplanter un géant historique. L’assurance-vie est ainsi l’enveloppe d’épargne privilégiée par nombre de Français. Avec des encours s’élevant à 1790 milliards EUR, cette figure de proue de la gestion de patrimoine reste indémodable malgré les contraintes croissantes imposées par les assureurs afin, par exemple, de limiter la collecte sur les fonds en euros.


La problématique avec “les indémodables” - pas uniquement français - est qu’ils peuvent vite se laisser bercer par leurs succès historiques, au point de ne pas pouvoir se renouveler quand l’environnement l’imposerait.


Le Luxembourg s’immisce ainsi dans la course de l’assurance-vie depuis une quinzaine d’années, avec de solides arguments à faire valoir. Forte d’un succès notable depuis son lancement, les encours de l’assurance-vie du Grand-Duché représentent ainsi aujourd’hui plus de 200 milliards EUR, soit plus de 10% des actifs sur les traditionnelles assurances-vie françaises.


Les clés du succès ? La tradition des assurances-vie, l’innovation des investissements possibles.


Nous pouvons synthétiser l’atout global offert par nombre de contrats luxembourgeois de la manière suivante : cette enveloppe haut de gamme réunit sous la même structure les qualités de gestion proches de celles d’un compte-titres et les avantages fiscaux d’une assurance-vie traditionnelle.


Il convient ainsi de noter d’emblée que la détention d’un tel contrat n’a aucun impact sur la fiscalité déjà subie par le souscripteur : la fiscalité appliquée pour les contrats luxembourgeois est celle de son pays de résidence (ce qui explique par ailleurs l’attrait fort pour les souscripteurs expatriés). Ainsi, une personne résidant en France et ayant le choix entre les assurances-vie françaises et luxembourgeoises ne subira aucune différence en matière d’imposition.





Partant de ces mêmes critères devant retenir l’attention avant la souscription et afin d’assurer une gestion optimale, les frais globaux sont en moyenne bien en deçà de leurs homologues français (voire de certains compte-titres), ce qui se traduit par d’importantes économies pour les patrimoines à long terme. En notant les coûts implicites et les frais de gestion empilés de certains contrats français, le Luxembourg assume au contraire sa réputation d’aimant à actifs financiers.


Les contrats d'assurance-vie luxembourgeois disposent également et surtout d'une plus grande diversité de supports de placements que les assurances-vie françaises. Ce large univers d’investissement permet une souplesse de gestion difficilement réplicable et pourra faire pâlir les univers de gestion parfois étriqués des contrats français. Outre les unités de compte classiques (OPCVM, SCPI, etc.), il est ainsi tout à fait possible de s’exposer aux actions, hedge funds, devises internationales, ETFs, titres non cotées, etc. Le private equity, l’art, les voitures de collection sont également incorporables à votre contrat au cas par cas. Les chefs d'entreprises peuvent par ailleurs y loger les titres de leur propre société, les dividendes bénéficient alors de la fiscalité de l’assurance vie, et la plus-value en cas de revente est également générée au sein du contrat.

Dans un contexte actuel - et potentiellement durable - de taux bas, cette souplesse de gestion permet de réconcilier les atouts de l’assurance-vie en général avec le besoin de valoriser son épargne via des investissements sur-mesure. Là où une cohorte d’assureurs français abaisse les taux garantis et oriente l’épargne historique vers les mêmes supports au détriment des ex-flamboyants fonds en euro, le Luxembourg assume en offrant une enveloppe d’investissement ouverte au sur-mesure et capable de répondre à chaque profil épargnant.


Enfin, il existe une différence notable en termes de protection des fonds. En France, les fonds versés sur un contrat sont gérés directement par l'assureur. Au Luxembourg, il existe une « triangulaire », qui dissocie l'entité qui conserve les fonds de l'entité qui les gère. Ce point permet une plus grande sérénité puisqu'il permet aux investisseurs de récupérer leurs avoirs en cas de défaillance de la compagnie d'assurance. La loi SAPIN II, qui permet de bloquer l’épargne sur assurance-vie française durant 6 mois en cas de menace sur la stabilité financière, n'est par ailleurs pas applicable.


Du point de vue client, il est alors difficile de ne pas privilégier le Luxembourg tant les avantages proposés sont intéressants. Vient alors la question suivante : pourquoi n’est-ce pas davantage diffusé ?


La première raison est la surface financière permettant l’ouverture de ce type d’enveloppe, Le ticket d’entrée est généralement plus élevé qu’à l’accoutumée (250 000 EUR chez de nombreux distributeurs). La clientèle visée détient donc une surface financière supérieure à la moyenne.





Nous avons également noté un délai plus important dans les procédures de souscription au contrat, lenteur associée à de lourdes contraintes en termes de régulation mais finalement à une protection renforcée. Ces enveloppes sophistiquées nécessitent l’accompagnement d’un professionnel de la gestion afin de faciliter leur mise en place. Passée cette période d’installation, la souplesse de la gestion permet une réactivité optimale pour l’investisseur.


Sa diffusion freinée peut également tenir au format de rémunération pour les conseillers en gestion de patrimoine, moins intéressant. En effet, ils ne perçoivent - dans ces enveloppes - plus de rétrocessions sur les frais de gestion des fonds d’investissement (OPCVM, SCPI, etc.) en portefeuille (partie relativement opaque pour le client malgré les directives européennes récentes), ce qui l’oblige à augmenter ses frais de conseils afin de compenser cette moins-value.


Enfin et comme évoqué plus en amont, le fonds en euros représente moins de 30% des encours investis. Il y est donc moins répandu alors qu’il s’agit d’une partie majeure de l’allocation que proposent un nombre important de conseillers n’étant pas spécialisés dans l’investissement sur les marchés financiers. Ce fonds en euros sera généralement un fonds de droit français, n’apportant pas de différence notable. C’est bien sa perte d’intérêt (certains fonds en euros couvrant à peine l’inflation moyenne) qui pose de nouveau les contrats luxembourgeois en rival crédible dans une optique de valorisation de l’épargne.


En conclusion, et si chaque patrimoine soumis est à analyser en détail avant de prendre une décision, l’enveloppe luxembourgeoise est aujourd’hui un puissant allié pour les épargnants souhaitant sortir du cadre normé de l’assurance-vie française.


S’endormant sur son succès historique de collecte et faisant valoir les fonds en euros comme égérie du bon placement français, le contrat français perd en crédibilité. L’enveloppe d’investissement luxembourgeoise a pris bon compte de la nécessité d’aller plus loin que le taux garanti (et parfois non réellement rémunérateur) et l’érosion des rendements français semble confirmer son attrait. Nous observons une volonté des assureurs français de rattraper ce décalage avec le lancement progressif de mandats “compte-titres” au sein de leurs contrats de droit hexagonal, ces nouvelles structures demeurent néanmoins marginales pour le moment et continuent de laisser place au Grand-Duché pour qui sait y regarder.


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